Qui connais le bonheur ? En tout cas,
Pas moi.
Enfin si, quand je
Les vois ...
Lundi, début de semaine. Je pense que personne n'aime ce jour. Reprise du boulot, du train - train quotidien, le pire jour de la semaine. Et si je vous dis que j'aime encore moins ce jour que tout le monde ? Je vous vois déjà : mais il est fou lui, il se lève à pas d'heure, il fait que jouer de la guitare et dormir !
Vous avez raison, d'un côté. A savoir, je me lève bien plus tôt que vous ne le pensez. Seulement, je suis obligé de sortir mensonge sur mensonge, pour que David ne révèle pas mon secret. Vous voulez savoir ? Je ne le vous dirais pas, car vous me verrez comme un être atroce, un monstre. Je ne m'attarde pas sur ce point, c'est déjà assez dur pour moi d'y penser. Aujourd'hui, je sais d'avance ce qui va se passer. C'est tous les jours pareil.
Mon réveil sonne à cind heures du matin, une heure et demie avant le réveil des autres. Je me lève péniblement, en prenant bien soin de ne pas réveiller mon jumeau. Oui, on dort ensemble et alors ? C'est pas vous la personne concernée que je sache, ça n'engage que nous. Seulement, dormir loin l'un de l'autre nous est impossible. Croyez moi, on a essayé. Impossible de dormir sans lui. L'un de nous deux finissais toujours par rejoindre l'autre. Depuis tout petit, on dort toujours ensemble, on fait tout ensemble.
Il a beau être mon jumeau, je pense qu'il n'a pas remarqué à quel point je hais la vie que je mène. Je ne veux pas lui en parler, il a l'air si heureux, je ne veux pas briser sa vie. Lui avouer serait gâcher son sourire, et sans son sourire je ne peux pas vivre.
Je me dirige vers la salle de bains et prend une douche rapide, en faisant le moins de bruits possible. Je ne veux surtout par le réveiller, il se poserait des questions. Je m'habille, toujours aussi silencieusement, je me coiffe comme tous les jours, j'enfile mon " masque " du guittariste heureux et qui mord la vie à pleines dents. De retour dans la chambre, je me dirige vers la table de chevet du côté du lit de mon frère et y dépose un petit mot à son attention, histoire qu'il ne s'inquiète pas à son réveil. Mon regard tombe sur sa bouille d'ange toujours endormie. Je passe délicatement ma main dans ses cheveux ébouriffés de sa nuit de sommeil.
Je descend ensuite dans le hall, vide, silencieux, on pourrait entendre une mouche voler. Il y a juste une récéptioniste à l'accueil. C'est celle qui depuis que nous sommes dans cet hôtel s'imagine avoir des chances avec moi. Elle en aurait, si elle avait un peu moins de rondeur sur les hanches et surtout, si je n'étais pas homo. Non, ce n'est pas mon secret, enfin d'un côté si, mais David en connait un autre plus horrible encore, et c'est sous la menca de le révéler aux journaux qu'il me garde de force. Pourquoi ai - je eu confiance en lui, pourquoi l'ai - je considéré comme un troisème père ? J'ai été trop naïf ce jour là, je regrette de m'être confié à lui.
Je passe sans m'arrêter devant le restaurant de l'hôtel. Je ne déjeune jamais le matin, mais je le fais croire aux autres. Et puis, je risque d'y croiser David, et je ne veux pas avoir à faire à lui, surtout le matin, il est toujours de mauvaise humeur le matin c'est pas croyable. Pas pour rien que je déteste cet homme.
Une fois au parking, la Cadillac a du mal à démarrer. Super, la journée démarre bien, mais pas la Cadillac --' Elle finit néanmoins par démarrer, juste avant que je pique ma crise du matin. Parce que tous les matins, enfin presque, je pique une crise de colère, depuis que David m'empêche de partir. Vous avez dit que j'étais normal ?
Il n'y a qu'une chose qui me retient dans le groupe : Bill. Il est tout pour moi, je pourrais même mourrir pour lui. Pourquoi je n'ose pas lui parler ? Je vous l'ai dit, je ne veut pas gâcher sa vie, je serais un fardeau à traîner pour lui. Il ne mérite pas ça, il mérite tout ce qu'il y a de mieux ici croyez moi.
Si je reste, c'est pour toi petit frère ..._____________________________________________________________
Court, très court, mais je ferais mieux promis...